Politique
mardi octobre 17, 2017
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Suivi des projets par des agences indépendantes, appels d'offres et contrats PPP obligatoires, respect des délais...

Les nouvelles règles sont claires concernant les chantiers du Programme d'actions du gouvernement. Qu'en est-il sur le terrain ? 

En matière de grands projets, c’est le chef de l’État qui donne le la et impose un rythme soutenu. « Il faut de la célérité ! » lance entre deux rendez-vous son conseiller spécial et cousin, Johannes Dagnon. Au palais de la Marina, ce dernier dirige le Bureau d’analyse et d’investigation (BAI). Son rôle est de superviser la mise en œuvre des chantiers du Programme d’actions du gouvernement (PAG), dont l’exécution, conformément aux nouvelles règles imposées, doit désormais être confiée à des agences autonomes, indépendantes de l’Administration.

« C’est de bonne guerre. Le gouvernement s’est fixé un délai de réalisation de cinq ans et, à ce niveau d’ambition, on a besoin d’efficacité », estime Placide Badji, expert en économie des transports et en urbanisme.

« Le PAG est une feuille de route sur dix ans, pas sur cinq », rétorque un diplomate, sceptique. Ce dernier estime qu’entre la recherche de ¬financements et les appels d’offres, en cours ou à peine lancés pour la plupart des projets, il semble peu réaliste d’affirmer qu’ils seront tous achevés d’ici à 2021. Il ajoute cependant que, si d’ici à la fin du mandat de Patrice Talon, deux ou trois de ces huit chantiers d’infrastructures voient le jour et que les autres sont lancés, avec études techniques et financement bouclés, le pari sera sans doute gagné.

Arsenal

Le financement des 45 projets retenus dans le PAG doit être assuré pour plus de 60 % par des investisseurs privés, avec lesquels le gouvernement doit désormais obligatoirement signer, après appels d’offres, des contrats de partenariats public-privé (PPP). Dès octobre 2016, le Parlement a adopté une nouvelle loi sur ces PPP, dont les décrets d’application ont d’ores et déjà été publiés. L’arsenal législatif et réglementaire est donc prêt.

Le PAG accorde en moyenne une période de six à neuf mois aux études techniques des projets et à la recherche de financement, et deux à trois ans pour les travaux, dont la quasi-totalité devrait donc être engagée avant la fin de cette année. La question centrale reste le financement. Or, pour le moment, le projet d’infrastructure le plus avancé déroge à la stratégie annoncée.

En effet, le contrat pour la construction de l’aéroport de Glo-Djigbé, premier chantier phare du PAG, a été signé le 14 octobre 2016, de gré à gré, avec le holding public chinois China Aviation Industry Corporation (Avic). Projet pour lequel l’État béninois a contracté un prêt auprès de l’Exim Bank de Chine d’un montant de 946,7 millions de dollars (près de 589 milliards de F CFA, soit bien au-dessus du besoin de financement prévu de 360 milliards de F CFA. À ce stade, il ne prévoit donc plus de recourir au privé, qui, selon le PAG, devait pourtant en être le principal contributeur.

Partenariats public-privé

Par ailleurs, dans le cadre des contrats PPP, l’État béninois devra certainement fournir une participation aux constructeurs-concessionnaires, qui ne pourront obtenir un réel retour sur investissement que dans les trente ans à venir – par exemple, dans le cas du réseau express, s’ils comptent sur les seuls revenus du péage.

En outre, si les bailleurs de fonds internationaux décident de mettre la main au portefeuille, le gouvernement devra se plier aux règles de la concurrence fixées par ces partenaires et verra sa marge de manœuvre réduite.

Source: Jeune Afrique

 

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