Dossier
samedi septembre 23, 2017
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Ebola : un premier cas d'infection en Europe

Une aide-soignante espagnole qui avait traité deux malades morts de la fièvre Ebola dans un hôpital à Madrid

a contracté le virus, a annoncé le gouvernement espagnol. Il confirme ainsi la première contamination connue hors du continent africain. "C'est une professionnelle de la santé qui a soigné les derniers malades rapatriés et qui avaient été admis à l'hôpital Carlos III", a annoncé la directrice de la Santé publique, Mercedes Vinuesa, lors d'une conférence de presse à Madrid.

Les tests subis par l'infirmière se sont révélés positifs, a déclaré la ministre. Elle a précisé que le protocole prévu dans ces circonstances avait été immédiatement mis en place pour garantir la sécurité des citoyens.

Une trentaine de professionnels du monde médical qui se sont occupés des prêtres espagnols contaminés sont suivis pour s'assurer qu'ils ne sont pas eux-mêmes atteints, a dit un responsable de la santé. L'infirmière se trouve dans un état stable à l'hôpital d'Alcorcon, dans la banlieue de Madrid, a ajouté ce responsable.

Plus de personnel demandé

Plus tôt dans la journée, l'Union africaine (UA) avait réclamé l'envoi de plus de personnel pour "briser le cycle d'Ebola", lors d'une réunion de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) à Paris.

"Les infrastructures sont bienvenues mais les infrastructures seules ne règleront pas le problème, nous avons besoin de ressources humaines", a souligné la présidente sud-africaine de la Commission de l'UA, Nkosazana Dlamini-Zuma.

Lourd bilan en Sierra Leone

Le même jour mais à Rome, depuis à la tribune de l'Organisation des nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), la Sierra Leone a réclamé "davantage d'aide" pour faire face au virus.

La Sierra Leone a, d'ailleurs, enregistré 121 décès dus au virus et des dizaines de nouveaux cas samedi, selon les statistiques des services de santé publiées dimanche soir. Ce dramatique bilan en fait l'une des journées les plus meurtrières depuis l'apparition de la maladie voici quatre mois.

 

Épidémie

 

Ebola : les 10 pays africains les plus exposés à l'arrivée d'un malade sur leur sol

 

 

Des chercheurs américains ont tenté de recenser les pays les plus exposés à l’arrivée d’un malade atteint d’Ebola sur leur sol. Sans céder à la panique, certains pays Africains auraient intérêt à se préparer à une telle éventualité.

La France aurait 75% de risques de voir une épidémie d’Ebola démarrer sur son sol dans les prochaines semaines ? Bien que faux, ce chiffre s’est répandu à grande vitesse dans les médias de l’Hexagone. Depuis que les États-Unis ont découvert leur premier cas d’Ebola sur leur sol et que la première transmission hors d’Afrique s’est produite en Espagne, un vent de panique s'est levé.

Alors, d’où vient ce chiffre alarmiste ? Il s’agit d’une mauvaise interprétation d’une étude, régulièrement mise à jour, menée par des chercheurs de la Northeastern University de Boston qui tentent de modéliser l’évolution de l’épidémie dans les prochaines semaines, en s’appuyant sur les flux de voyageurs et l’augmentation du nombre de malades. Celle-ci s’intéresse notamment aux pays les plus exposés à l’arrivée de malade atteints d’Ebola sur leur territoire.

Les chercheurs ont en réalité distingué deux scénarios possibles. D’abord, celui dans lequel les liaisons aériennes seraient les mêmes qu’avant le début de l’épidémie. Il n’est évidemment plus d’actualité puisque plusieurs grandes compagnies ont arrêté de desservir la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia, les trois pays les plus touchés.

Marges d'erreur

Reste le second scénario : celui dans lequel le trafic aérien est réduit de 80%. Cette modélisation serait plus proche de la situation actuelle. "Nous avons pris en compte les fermetures des lignes aériennes annoncées par les compagnies, explique Ira Longini, professeur de biostatistiques, qui a pris part à l’étude. Faute de données, il leur a en revanche été beaucoup plus difficile de prendre en compte les voyageurs terrestres ou encore l’impact des fermetures de frontières décidées par les gouvernements d’Afrique de l’Ouest.

Bien que la modélisation comporte des marges d’erreur importantes, ainsi que le reconnaissent les chercheurs, elle a l’intérêt de montrer que certains pays sont exposés à ce risque, à l’instar du Nigeria, au Sénégal et des États-Unis. Ainsi, le Ghana (de loin le plus exposé) aurait plus d’une chance sur deux de voir un malade débarquer d’ici fin octobre.

Les 10 pays africains les plus exposés à l’arrivée de malades atteints d’Ebola :

1. Ghana 

2. Sénégal 

3. Côte d’Ivoire 

4. Nigeria 

5. Mali 

6. Gambie 

7. Maroc 

8. Afrique du Sud 

9. Kenya 

10. Togo

Mais attention : l’arrivée d’une personne porteuse du virus Ebola ne signifie pas qu’une importante épidémie aura lieu dans le pays concerné. Confrontés à ces évènements, le Nigeria et le Sénégal sont tous deux déjà parvenus à circonscrire le phénomène. Les experts de l’OMS et des ONG sont formels : mieux vaut maintenir les liaisons aériennes, terrestres et maritimes restantes avec les pays concernés pour acheminer le matériel et le personnel essentiels à la lutte contre la maladie. Sinon gare au retour de flamme.

Jeuneafrique.com  

 

Ebola : la Guinée malade de ses voisins 

 Moins touché que le Liberia et le Sierra Leone, le pays espère maîtriser l'épidémie d'Ebola. Un objectif que ses frontières poreuses et son territoire mal contrôlé rendent difficile à atteindre.

Le fléau s'est abattu au mois de juillet, avec un voyageur venu du Liberia. Malade, celui-ci cherchait l'aide d'un féticheur dans le village de N'zénié, situé à quelques kilomètres de la frontière. L'homme n'a pas survécu. Ni le féticheur, après lui. Ni la famille de ce dernier. Au total, selon Foromo, un homme de 30 ans originaire du village, cette réaction en chaîne a fait plus de 85 morts, sur quelques centaines d'habitants.

Les autorités guinéennes ne confirment ni n'infirment ce bilan. Les statistiques officielles (648 morts et 1 074 cas détectés, selon le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies américain) ne reflètent d'ailleurs qu'une partie de la réalité. En effet, dans cette région frontalière, l'accès à certaines localités reste bloqué par des "milices d'autodéfense" qui nient l'existence de la maladie. Milices qui ont lynché, mi-septembre, huit membres d'une délégation de sensibilisation à Wome.

En juillet, la Guinée, moins atteinte que la Sierra Leone et le Liberia voisins, avait pourtant pu se croire presque tirée d'affaire. Mais depuis la mi-août, le constat s'est assombri. "Avec treize des trente-trois préfectures touchées, nous avons de plus en plus de nouveaux cas, explique Marc Poncin, directeur des opérations en Guinée pour Médecins sans frontières. À l'hôpital Donka de Conakry, nous avions en moyenne entre cinq et quinze patients en avril. Ils sont aujourd'hui entre 35 et 40."

Sékouba Keïta, chargé de la lutte contre le virus pour le gouvernement guinéen, se veut plus optimiste : "Seules cinq préfectures ont de nouveaux cas tous les jours. Nous pouvons donc encore espérer arrêter la progression d'ici à décembre."

Une coordination entre les trois gouvernement

Mais, comme le montre l'exemple de N'zénié, il sera très difficile pour la Guinée de s'en sortir tant que l'épidémie progressera chez ses voisins. "La plupart des nouveaux foyers en Guinée sont causés par des voyageurs qui viennent de Sierra Leone et du Liberia", explique Marc Poncin. Bien qu'officiellement fermées (sauf aux humanitaires), les frontières demeurent poreuses.

Cette situation nécessiterait une coordination entre les trois gouvernements - et leurs partenaires respectifs. Mais on en est encore loin à ce jour. Ainsi, l'ouverture d'un nouveau centre de traitement à Macenta, annoncé par le président français, François Hollande (lequel a reçu son homologue guinéen Alpha Condé le 29 septembre à Paris), n'a pas vocation à accueillir des patients venus du Liberia, pourtant distant d'une trentaine de kilomètres. "Ils vont recevoir l'aide des Américains, rappelle Sékouba Keïta. Nous espérons que ce soutien permettra à Monrovia de contenir la maladie de son côté."

 

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