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mercredi novembre 22, 2017
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En ne nommant pas de Premier ministre, Patrice Talon s’est posé d’emblée comme seule tête de l’exécutif.

Il n’en délègue et n’en consulte pas moins, au sein du gouvernement et en dehors. 

Comme ce fut le cas lors d’une bonne partie du dernier mandat de Thomas Boni Yayi, le gouvernement formé par Patrice Talon le 6 avril 2016 n’a pas de Premier ministre. Au palais de la Marina, plusieurs hommes occupent le terrain. À commencer par deux financiers aguerris, tous deux candidats au premier tour de la présidentielle, qui ont tous deux soutenu Talon pour le second tour et ont tous deux accédé au rang de ministre d’État.

L’ancien Premier ministre Pascal Irénée Koupaki (65 ans), secrétaire général à la présidence, est chargé de la Coordination de l’action gouvernementale ; Talon et lui se connaissent depuis longtemps, ils ont même été amis. Avec l’autre ministre d’État, Abdoulaye Bio Tchané (64 ans), chargé du Plan et du Développement, il préside chaque lundi un conseil interministériel durant lequel le gouvernement, sans le chef de l’État, prépare les dossiers qui seront arbitrés en Conseil des ministres le mercredi.

Entourage gouvernemental

Mais le véritable numéro deux de l’exécutif se nomme Johannes Dagnon (58 ans). Expert-comptable respecté, l’ancien patron du cabinet Fiduciaire d’Afrique, cousin (côté maternel) et ami de Patrice Talon, est conseiller spécial du chef de l’État. Il dirige le Bureau d’analyse et d’investigation (BAI), chargé de la conception et de la mise en œuvre du Programme d’actions du gouvernement (PAG).

Outre les deux ministres d’État, les quatre principaux relais du président Talon au sein du gouvernement sont Joseph Djogbénou (47 ans), Romuald Wadagni (40 ans), Aurélien Agbénonci (58 ans) et José Tonato (52 ans). Garde des Sceaux et ancien avocat de Patrice Talon, Joseph Djogbénou a présidé l’an dernier la commission chargée des réformes politiques et, ces dernières semaines, a défendu le profet de révision constitutionnelle devant le Parlement, en vain.

"Le plus jeune membre du gouvernement est l’un des plus sollicités par Patrice Talon à la présidence – souvent dès 6 heures du matin"

Le ministre de l’Économie, des Finances et des Programmes de dénationalisation, Romuald Wadagni, a officié pendant plus de quinze ans au sein du cabinet Deloitte. Il est le plus jeune membre du gouvernement et l’un des plus sollicités par Patrice Talon à la présidence – souvent dès 6 heures du matin – pour préparer des réunions.

Le chef de la diplomatie, Aurélien Agbénonci, qui accompagne souvent le président lors de ses déplacements à l’étranger, a tissé des liens avec ce dernier. Enfin, vieil ami de Patrice Talon, José Tonato est le ministre du Cadre de vie et du Développement durable, portefeuille qui regroupe l’ex-ministère de l’Urbanisme, de l’Environnement, de l’Habitat et une partie de celui de la Décentralisation.

Amis du coton

Le président s’appuie également sur plusieurs personnes qui n’ont pas de fonction officielle au sein de l’exécutif, pour la plupart des amis issus du monde du coton. Il y a d’abord Olivier Boko (52 ans), discret patron de Denrées et Fournitures agricoles, principal homme de confiance de Patrice Talon, à qui il succède à la présidence du conseil d’administration de Bénin Control, la société qui a récupéré la gestion de la vérification des importations au Port autonome de Cotonou, dont elle avait été évincée en 2012.

Deux francs-maçons, membres de la Grande Loge du Bénin (obédience proche de la Grande Loge française), se tiennent aussi à ses côtés. Le premier, Eustache Kotingan (61 ans), est administrateur des industries cotonnières, le holding regroupant l’ensemble des activités de Patrice Talon dans le secteur du coton, et dirige également la société Atral, chargée du port sec d’Allada.

Le second, Mathieu Adjovi (63 ans), est président de l’Association interprofessionnelle du coton (AIC), la structure qui gère de nouveau l’ensemble de la filière. Enfin, Boniface Vignon (59 ans), ancien journaliste à RFI et cousin de Patrice Talon, a accompagné ce dernier durant sa campagne. Régulièrement consulté et parfois sollicité pour des missions précises et ponctuelles, il a été nommé fin mars ambassadeur du Brésil, une représentation stratégique.

Source: Jeune Afrique

 

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