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mercredi novembre 21, 2018
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Accusé d’avoir détourné 700 millions des caisses de Bengaz : Quand Me Edgard- Yves Monnou joue à la victime
(Il est inculpé et placé sous contrôle judiciaire)


L’affaire Bengaz, une société de distribution de gaz, a connu un nouveau développement en fin de semaine dernière.

En effet, le chef d’orchestre du détournement de 700 millions de francs Cfa des caisses de cette société, Me Edgar-Yves Monnou a été auditionné le vendredi dernier. Accusé d’avoir floué ses associés de Bengaz et après avoir lu dans les journaux qu’il était en fuite, l’avocat béninois a dû se présenter au juge, en déclarant que le barreau lui aurait  donné l’assurance qu’il ne sera pas mis en dépôt. Inculpé puis mis sous contrôle judiciaire, Me Edgar-Yves Monnou a opté jouer à la victime dans une affaire pourtant claire où, faut-il le rappeler, ses comptes ont été déjà gelés.
Votre journal revient sur certains faits de ce détournement sans précédent.
 
Assan Okro
L’affaire avait défrayé la chronique il y a de cela quelques semaines. Il s’agit d’un détournement sans précédent dont le chef d’orchestre ne serait rien d’autre que l’homme de Droit, Me Edgar-Yves Monnou, une personnalité qui n’est plus à présenter. En effet, l’homme est au cœur d’une affaire de détournement de 700 millions Fcfa des caisses de Bengaz, une société de droit béninois créée pour le transport du gaz. Une série d’actions au cours desquelles l’avocat béninois a floué ses associés.

Les faits

La première Assemblée générale (Ag) de Bengaz Sa de l’année 2016 s’est terminée en queue de poisson suite à la contestation de Me Edgar-yves Monnou de l’acte de portage et donc de toutes les cessions de part que son représentant dans Coryve investment sarl avait pourtant signé. À cette Ag, était présent Me Achadé, notaire qui serait un complice de Me Edgar-yves Monnou. Quelques mois plus tard, passait une annonce légale dans le quotidien de services publics «La Nation» comme quoi, suite à une Assemblée générale de Bengaz Sa, Me Edgard-yves Monnou est président du Conseil d’administration et Léopold Soumissou le Directeur général. Il s’agissait en fait d’une Ag, montée de toutes pièces par Me Edgar-yves Monnou, Me Atchadé, notaire et Léopold Soumissou, employé au cabinet Cabeyms. Plus grave, des actes notifiés pour le compte de Bengaz SA, sont déchargés au cabinet Cabeyms qui n’est pas le siège de Bengaz Sa.
Cette fausse Ag a entrainé la modification du registre de commerce et l’ouverture de compte bancaire qui a permis de recevoir des sommes virées depuis Wapco au Ghana. Retenez que Wapco ou Société du gazoduc de l’Afrique de l’Ouest est la société mère dans laquelle Bengaz, tout comme Togogaz sont actionnaires.
700 millions virés dont 690 millions retirés à la caisse sans chêquier, le jour même de la date de valeur. Des différentes plaintes et assignations en justice contre les crimes économiques posées quotidiennement par Me Edgar-yves Monnou et son équipe de banquiers, huissiers et notaires, tout ce que les associés de Bengaz et Fmo spoliés ont pu obtenir n’est que l’arrestation de Léopold Somissou.
Il est à rappeler que dans cette foulée, la secrétaire de Me Edgar Monnou a pris la fuite.

De son audition

Me Edgar-yves Monnou ne s’est pas présenté devant le juge d’instruction après avoir reçu deux convocations. C’est bien après avoir lu dans les journaux qu’il serait en fuite, qu’il a dû se présenter au juge, en déclarant que le barreau lui aurait  donné l’assurance qu’il ne sera pas mis en dépôt. Le Ministère public a demandé qu’il soit mis sous dépôt mais suite aux différentes interventions des amis politiques et du barreau béninois, il fut inculpé mais mis sous contrôle judiciaire le vendredi 15 septembre aux environs de 22 heures.

Quid du rôle de la Justice dans cette affaire ?

Tout porte à croire que la justice béninoise fait du deux poids, deux mesures dans cette affaire. Si non, comment comprendre que Me Edgar-Yves Monnou bien que inculpé dans cette affaire bénéficie encore de sa liberté ? Et pourtant, Léopold Soumissou, le bras droit de l’avocat béninois dans cette affaire a déclaré avoir remis l’entièreté  des 700 millions de Fcfa à Me Edgar-Yves Monnou ce que ce dernier aurait reconnu par écrit.
Face à cette situation plusieurs interrogations méritent d’être posées.
Le risque n’est-il pas grand que le mis en cause disparaisse et ceci définitivement ?
Si cela arrivait, qui remboursera les 5 milliards détournés par Me Edgar-Yves Monnou dont uniquement 700 millions sont reconnus par lui-même ?
La justice ne serait-elle pas en train de favoriser sa fuite du Bénin à travers la décision du vendredi dernier ?  
En attendant les réponses à ces différentes interrogations qui ne viendront peut-être pas, Me Edgar-Yves Monnou est encore libre de ses mouvements. Mais pour combien de temps encore ?

Le gouvernement de la Rupture interpellé

L’actuel gouvernement ayant fait de la lutte contre la corruption et le détournement de denier son cheval de bataille doit s’impliquer dans cette affaire, qui semble être une affaire d’Etat, pour que la loi soit dite. C’est une affaire d’Etat puisque Me Edgar-Yves Monnou avait reçu son mandat en 2004 de feu Kamarou Fassassi alors Ministre des mines et de l’énergie pour mener à terme la création de Bengaz et sa participation au capital de Wapco pour la construction du gazoduc de l’Afrique de l’ouest. De plus, les sociétés béninoises, Togolaises, Ghanéennes, Nigérianes ont bénéficié  tous du soutien de Fmo, la banque néerlandaise de développement et seul Bengaz ne paie pas ses dettes.  
Soulignons que déjà en 2017, plus de 300 millions de F Cfa ont été payés à nouveau au profit de Coryve investment sarl, la société par laquelle  Me Edgar-Yves Monnou opère.

Nous y reviendrons…

Par Assan Okro

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