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mercredi octobre 18, 2017
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Quelle  lecture fait le président Adrien Houngbédji du rejet du projet de révision intervenu le mardi dernier,

des propos accusateurs de Rosine Soglo, de la mise en œuvre du Programme d'Actions du Gouvernement...?  L'ouverture ce lundi 10 avril de la première session ordinaire de l'année 2017 a été l'occasion pour le président de l'Assemblée nationale de s'exprimer sur  les brûlants sujets qui défraient la chronique ces derniers jours-ci. 

 

Du rejet de la révision de la Constitution

Se prononçant sur le rejet du projet de la révision de la Constitution, le président Adrien Houngbédji pense  que l'on doit "..tirer la leçon que le peuple béninois demeure attaché à la Constitution du 11 décembre 1990 : un attachement émotionnel qui frise le fétichisme, qui frappe de suspicion toute initiative de révision et qui condamne à l’échec toute tentative de révision...". Le président Houngbédji pense aussi que tous les acteurs réunis auraient profiter de l’opportunité qu'offrait le projet de révision, pour engager et faire aboutir des réformes nécessaires telles que la peine de mort qu’il faut abolir, la Haute Cour de Justice qu’il faut rendre opérationnelle , la Cour des Comptes qu’il faut créer, la représentation des femmes dans les instances de décision, qu’il faut améliorer,  la réforme du système partisan... Le président Houngbédji a aussi salué le sens de responsabilité de ses collègues toutes tendances confondues : ".... C’est en toute liberté que vous avez librement exprimé vos convictions, dans un débat riche de sens, respectueux des opinions de chacun, soucieux que vous étiez les uns et les autres, de l’intérêt supérieur de notre Pays. Un vrai débat de parlementaires, contradictoire, argumenté, sans éclat de voix. Ce faisant, vous avez honoré l’Assemblée Nationale ; vous avez honoré le Bénin. Un fait de procédure, passé inaperçu, ou sous silence, illustre mon propos : lorsqu’à la fin de la discussion générale, et en application des textes de notre Règlement Intérieur, la question fut posée de savoir quel était le mode de scrutin de votre choix, public ou secret, c’est unanimement, comme un seul homme, que vous avez choisi le scrutin public.  Vous auriez pu choisir le contraire ; car la foule grondait, les réseaux sociaux s’agitaient, vos numéros de téléphone avaient été publiés, vous étiez livrés à la vindicte populaire. Et malgré le danger qui menaçait de toutes parts, vous avez voté ‘’pour’’ ou ‘’contre’’, publiquement ! Vous avez pris vos responsabilités ; publiquement. En le faisant comme vous l’avez fait, vous avez honoré notre démocratie.  Car la démocratie, la vraie, est celle où chaque institution est respectée dans ses prérogatives, et non pas celle où chaque groupe d’intérêt prétend assujettir les institutions à son bon vouloir.  Vous avez prouvé que vous êtes l’Assemblée Nationale.  Vous avez prouvé qu’en dehors de vous, il ne restait que deux alternatives : le coup d’Etat ou la Révolution. L’un et l’autre sont possibles. Mais nous rentrerions dans une autre spirale ;une spirale dont le peuple béninois  a fait l’expérience..."

 Réaction aux propos de Rosine Soglo

Les propos de Rosine Soglo mardi dernier, point n'est besoin de les rappeler, a jeté un grand coup de froid aussi bien au sein de l'hémicycle et en dehors. Ces propos ont fait réagir  les présidents de groupes parlementaires qui s'en sont offusqués et ont appelé la doyenne d'âge du Parlement à présenter  des excuses. Ce lundi 10 avril 2017, le président Houngbédji s'est dit solidaire des déclarations de ses collègues présidents de groupes parlementaires et ajoute: "...Face à ce qui n’était ni plus ni moins un appel au lynchage, vous avez fait une mise en garde, qui était un appel à la responsabilité.  L’Assemblée Nationale est le réceptacle, le point vers lequel convergent toutes les contradictions de notre société. Qu’elle explose, et c’est le Bénin qui explose. Le principal atout de notre institution, c’est sa cohésion ; c’est sa crédibilité. Je vous suis reconnaissant, aux uns et aux autres, de votre contribution sans cesse renouvelée, au maintien de cette cohésion et de cette crédibilité, malgré nos différences de sensibilité ; malgré nos divergences d’opinion. L’oiseau qui du haut de l’arbre, attire la pluie, ne s’en tirera lui même que comme un oiseau mouillé. Ne pas respecter les autres, c’est ne pas se respecter soi-même et c’est ce qui arriva. Je vous propose, Messieurs les Présidents, que nous en restions là, et que nous passions aux choses sérieuses..". 

 

Mise en oeuvre du PAG, un impératif défi

Après le rejet du projet de révision de la Constitution, après les propos de la présidente Rosine Soglo, que faire maintenant? Que doit faire à l'heure actuelle le Gouvernement du Président Talon? Le président Adrien Houngbédji en a une idée bien précise: Mettre en œuvre le Programme d’action du Gouvernement (PAG), un défi pour lequel l'accompagnement parlementaire ne se marchandera selon le président de l'Assemblée nationale: "....Un programme séduisant !A condition bien sûr qu’il soit mis en œuvre de façon rigoureuse et efficace. C’est à la réalisation de ce programme que nous devons nous atteler. C’est à cela que nous invitent les populations : lorsqu’elles nous disent aux quatre coins du pays qu’elles ont faim. La réussite de ce programme ne sera pas la victoire d’un homme ; ni même celle d’une équipe. Elle sera la victoire du BENIN ; elle sera la victoire de la démocratie. La politique en général et la démocratie en particulier, ne peuvent pas continuer à promettre des lendemains qui chantent, et à repousser toujours à demain, la résolution des problèmes du  quotidien.  La démocratie ne survivra dans notre pays, que si elle a un contenu concret, et apporte des solutions aux difficultés de chaque citoyen. Elle ne survivra que si le Béninois peut manger à sa faim, se soigner, scolariser ses enfants, avoir du travail, un logement décent, la lumière électrique, rouler sur des routes praticables, donner de l’emploi à ces jeunes et du commerce à ces femmes. Il n’y a aucune illusion à se faire : si elle n’améliore pas leurs conditions de vie, les Béninois feront échec à la démocratie.  Car comme le dit l’adage latin, ‘’primumvivere ; deindephilosophari’’. Pour la première année de sa mise en œuvre, le Programme d’Action du Gouvernement s’appuie sur un budget de 2010 milliards CFA, soit pratiquement le double du budget des années antérieures.   Cela signifie que les structures impliquées doivent être plus efficaces dans la mobilisation des ressources.  Cela signifie que les capacités et les performances de l’administration publique doivent être améliorées.  Le Gouvernement en a la charge et la responsabilité. Ce qui est de notre ressort à nous autres, Assemblée Nationale, c’est d’adopter les réformes législatives qui contribueront à cette efficacité et à cette amélioration..."

 

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